BASE DE DONNÉES
            • FHAR (Le)

              Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire

            • Cinéaste(s) : Carole Roussopoulos
            • Date : 1971
            • Pays d'origine : France
            • Durée : 00:26:01
            • Format : 1 Pouce C
            • Coloration : Noir & Blanc
            • Son : Sonore
            • Langue initiale : Français
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            • Résumé
            • Carole Roussopoulos suit la première manifestation de rue gay, lesbienne , trans (LGBTQI+) en France, à Paris. La manifestation du FHAR (Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire) *1 se déroule à l’intérieur de la traditionnelle manifestation syndicale du 1er mai 1971 et dénonce  la sexualité dominante, hétérosexuelle et capitaliste.
              Pour la première fois s’invitent à cette manifestation des femmes et des hommes qui défilent joyeusement et fièrement, sans service de sécurité, derrière une simple banderole en toile blanche bombée du nom du FHAR. Des voix clament « Les pédés dans la rue ». On suit une réunion à l’Université de Vincennes, dans le cadre d’un séminaire de philosophie, où des militantes et militants du FHAR et des personnes intéressées discutent des luttes à mener, de leur vécu et de leur relations avec les organisations politique traditionnelles, y compris de gauche et d'extrême gauche. Interviennent à tour de rôle. Anne-Marie Fauret qui analyse l’état du mouvement, Guy Hocquenghem qui parle du rôle essentiel du Mouvement de Libération des Femmes dans l’émergence du FHAR. , Georges Lapasssade.
              Monique Wittig, écrivaine et théoricienne lesbienne , Catherine Deudon, photographe féministe sont également présentes à cette réunion.
              Le film revient sur le défilé, les militant·e·s distribuent des tracts aux passant·e·s tandis que des gendarmes casqués observent la scène. Les dernières images montrent la distribution de tracts aux occupants de voitures, arrêtées avec calme et humour par des personnes autoproclamées les folles dans les années 1970.

              Ce film est un document fondateur non seulement pour l'histoire et la mémoire du mouvement LGBTQI+ mais aussi dans le cadre de l'émergence d'une pratique de réalisation engagée dont Carole Roussopoulos est la pionnière en laissant la parole à ceux qu'elle filme et en utilisant le premier équipement de vidéo dite légère.*2.

              Notes :
              (1) «Qu'est-ce que le FHAR ? Le Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire est un mouvement qui a pour objectif la rencontre, la confrontation et l'action, de tous les homosexuels, hommes et femmes, ayant pris conscience de la nécessité de participer à une transformation révolutionnaire de la société. Le FHAR combat cette fiction aliénante qu'est la notion de "normalité » » (extrait d’un tract du FHAR 1972)
              (2) Carole utilise le portapack, unité de vidéo légère au format 1/2 pouce, composée d'une caméra et d'un magnétoscope portable qui enregistre en noir et blanc. Lancé par Sony aux Etats-unis en 1965, apparu en France en 1969.
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              Carole Roussopoulos covers the first gay, lesbian and trans (LGBTQI+) street demonstration in France, in Paris. The demonstration organised by the FHAR (Homosexual front of revolutionnary action) takes place as part of the traditional May Day trade union march on 1 May 1971 and denounces the dominant, heterosexual and capitalist sexual norm. For the first time, men and women joined the march, parading joyfully and proudly – without any security group– behind a simple white banner with the name ‘FHAR’. Voices chanted, ‘Fagots in the street’. We follow a meeting at the University of Vincennes, as part of a philosophy seminar, where FHAR activists and interested public discuss the struggles ahead, their personal experiences and their relationships with traditional political organisations, including those on the left and the far left. Speakers take the floor in turn. Anne-Marie Fauret analyses the state of the movement; Guy Hocquenghem speaks of the essential role of the Women’s Liberation Movement in the emergence of the FHAR; Georges Lapassade; Monique Wittig, a lesbian writer and theorist; and Catherine Deudon, a feminist photographer, are also present at this meeting.
              The film looks back at the march, with activists handing out leaflets to passers-by whilst helmeted police officers watch the scene. The final images show leaflets being handed out to people in cars, which were stopped calmly and with humour by people who called themselves ‘the mad ones’ in the 1970s.

              This film is a seminal work not only for the history and memory of the LGBTQI+ movement but also in the context of the emergence of a form of socially engaged filmmaking pioneered by Carole Roussopoulos, who gave a voice to those she filmed and used the first so-called “lightweight” video equipment.

              Notes: (1) “What is the FHAR? The Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire (FHAR) is a movement whose aim is to bring together, foster debate amongst, and mobilise all homosexuals – men and women – who have realised the need to participate in a revolutionary transformation of society. The FHAR fights against the alienating fiction that is the notion of ‘normality’” (extract from a 1972 FHAR leaflet)

              (2) Carole uses the Portapack, a half-inch video system comprising a camera and a portable video recorder that films in black and white. Launched by Sony in the United States in 1965, it appeared in France in 1969.

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            • Biographie cinéaste
            • Carole Roussopoulos

              Née en 1945, Carole Roussopoulos passe son enfance à Sion, avant de partir étudier à Lausanne. En 1967, elle quitte la Suisse pour Paris, où elle rencontre son futur mari, Paul Roussopoulos, avec lequel elle fonde le collectif militant « Video Out ». En 1970, sur les conseils de son ami Jean Genet, elle investit dans la première caméra portative : la fameuse Portapak lancée par Sony, et réalise son premier film « Genet parle d’Angela Davis ». C’est le début d’une importante production de films. Militante féministe, Carole Roussopoulos filme les femmes en luttes : les prostituées de Lyon, les manifestations pour l’avortement, les débats autour du viol, etc. Elle est de tous les combats et accompagne les nouveaux mouvements sociaux qui émergent dans la foulée de Mai 68 : les LIP, le F.H.A.R., le droit des immigrés, etc. En 1982, elle fonde le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir avec Delphine Seyrig et Ioana Wieder, premier centre d’archives audiovisuelles féministe, et continue à tourner en vidéo. Toujours soucieuse de donner la parole aux opprimé-e-s et aux oublié-e-s, elle travaille sur des sujets tabous : viol conjugal, excision, handicap, exclusion.
              Elle meurt le 22 octobre 2009, laissant derrière elle une œuvre colossale de plus de cent films.

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